Me Patricia KIPIANI : «Nous allons créer un observatoire de la concurrence au Cameroun»

Patricia KIPIANI Organisatrice des rendez-vous de la concurrence, Docteur en droit et avocate au barreau de Bruxelles en Belgique

En tant que consultante à Primerio International et organisatrice des premiers « rendez vous de la concurrence » au Cameroun et en CEMAC, cette experte auteur d’un essai sur le droit de la concurrence, revient sur la genèse, les ambitions, les résolutions et la trajectoire de ce concept tourné vers la promotion du droit et de la culture de la concurrence auprès des entreprises locales.  

Maître, vous venez de clôturer la première édition des Rendez-vous de la concurrence au siège du Gicam à Douala. Déjà, que faut-il savoir sur Primerio International que vous représentez?

Je dirais tout d’abord que Primerio International c’est un groupe représenté un peu partout dans le monde y compris au Cameroun, dont je suis la représentante.

Primerio International est un cabinet de conseil spécialisé sur les problématiques de droit de la concurrence en Afrique (cartels, ententes, abus de position dominante, contrats de distribution, droits de propriété intellectuelle, contrôle de concentrations). Le cabinet traite également des questions de lutte anti-corruption. Il a été fondé par 2 juristes : John Oxenham et Andreas Stargard.

Que renferme le concept des RDV de la concurrence?

Le concept des Rendez-vous de la concurrence que nous venons d’implémenter est un concept assez nouveau. Il s’agit d’un concept implémenté pour la première fois en zone CEMAC. Etant donné que je suis avocate spécialisée en droit de la concurrence, j’ai voulu exporter ce concept en Afrique, parce qu’en Europe, si vous parlez des RDV de la concurrence, il y aura moins de portée, car il y a beaucoup d’activités autour du droit de la concurrence. Qu’il s’agisse de la France ou de la Belgique, le droit de la concurrence est suffisamment vulgarisé et donc très connu des entreprises. C’est pour cette raison que j’ai pensé à l’Afrique où cela n’est pas habituel. Dès lors, le concept des RDV de la concurrence doit servir de voie pour instaurer une culture du droit de la concurrence comme un « bien commun » en Afrique et en particulier au Cameroun.

Comment est né ce concept ?

Pour ce qui est de la naissance du concept des RDV de la concurrence, je dois dire qu’en février [2016], lors d’un échange avec le ministre du Commerce camerounais, j’ai pensé qu’il fallait que l’on fasse quelque chose allant dans le sens de la vulgarisation du droit de la concurrence à l’endroit des populations et des opérateurs économiques. Et de fil en aiguille, est née une idée de séminaire. Du coup, le meilleur partenaire s’est trouvé être le Gicam. Mais aussi, j’ai voulu que ce soit un séminaire international. Donc en plus du Gicam pour les entreprises, j’ai contacté des collègues de l’Université de Paris I en France, notamment les professeurs Martine Behar-Touchais et Laurent Vidal qui m’ont accompagnée dans cette aventure et que je remercie.

Pourquoi avoir choisi le Cameroun ?

Vous savez que je suis originaire du Cameroun. Et mes parents y vivent, donc j’y ai mes attaches et j’y reviens tout le temps. Et chaque fois depuis au moins quatre ans, j’ai eu envie d’organiser ce séminaire. Mais, ce n’était jamais le bon moment. Cette fois-ci, cela a été la bonne. Le timing s’est imposé à moi et à mes partenaires du ministère du Commerce.

Faut-il dire que ce sont les autorités camerounaises  qui ont porté le projet ?

Le ministère du Commerce a été un partenaire privilégié de l’organisation et du succès des RDV. Il faut dire que j’ai pu avoir du ministère, une subvention. Il a pris en charge le budget et je remercie d’ailleurs, S.E.M Luc Magloire Mbarga Atangana qui a donné le coup d’envoi et dont le soutien a été capital pour les RDV. De même, je me suis rapprochée de l’autorité nationale de la concurrence qu’est la Commission et dont le ministère du Commerce est justement la tutelle. Le partenariat avec la Commission a consisté à la mise à disposition des intervenants au rang desquels, le président de la Commission, M. Boumsong, et son vice-président, M. Fotso. Autant le dire, des intervenants de qualité. Je n’ai simplement pas pu me rapprocher suffisamment tôt des entreprises.

Etes-vous satisfaite du résultat de ces 1ers RDV ?

La réponse est oui, bien que dispodant de peu de temps pour organiser les RDV, je veux dire qu’en trois semaines ou mieux deux semaines et demie. Et bien après l’envoi des correspondances, c’est en venant sur place [au Cameroun] que les choses ont réellement pu bouger. Aussi, nous sommes passés dans les médias pour en faire la communication, notamment  à la Crtv à l’émission Bonjour. C’est réellement un succès que ce soit ici ou à l’étranger. En France par exemple, j’ai été contactée par plusieurs personnes qui voulaient savoir s’il y aura une prochaine édition. Les entreprises me posent également des questions. Au bout de ces RDV, deux consultations juridiques me sont tombées dessus. Je veux dire ces RDV ont suscité de l’intérêt.

Y a –t-il des choses à améliorer ?

Si ! Nous aurions dû nous organiser d’avance quant aux invitations. Les entreprises qui avaient voulues être présentes ont reçu leurs invitations tardivement (parfois 2 jours avant).Ceci a eu des incidences en termes de participation. J’ai beaucoup compté sur la communication venant du Gicam mais force est de constater que les délais de réalisation ont été très courts. Mais, nous ferons mieux aux prochains RDV.

Quelles sont les grandes résolutions sur la politique et le droit de la concurrence au Cameroun et en CEMAC de ce premier rendez-vous ?

Au sortir de ces RDV, nous nous sommes engagés à renforcer l’esprit et la culture du droit de la concurrence en entreprise. Nous espérons que les entreprises puissent saisir plus que par le passé, l’autorité de la Concurrence. Nous avons aussi un projet de création d’un observatoire de la concurrence au Cameroun. Mais, nous allons en débattre avec les universités, notamment Paris I et le ministère du Commerce.

Doit-on attendre un prochain rendez-vous de la concurrence ? Peut-on avoir en exclusivité, une idée sur le pays et la date ?

Bien sûr qu’il y aura une prochaine édition des RDV de la Concurrence. Mais, ce ne sera certainement pas en juillet 2017. Comme vous le savez, nous avons eu lors de cette première édition des désagréments avec la fête du Ramadan. Les RDV qui devaient se faire sur deux jours se sont finalement faits sur un jour. Nous sommes entrain de voir sur la base des enquêtes de satisfaction comment le faire sur deux jours. J’aimerais que la deuxième édition se fasse au Cameroun même si par la suite nous verrons comment étendre dans la sous région, en CEMAC en l’occurrence. Dans tous les cas, tout le monde a envie d’une deuxième édition.

Vous avez des personnes à remercier ?

Je veux d’abord saluer le Cameroun et les pouvoirs publics qui en CEMAC sont les premiers, à avoir appréhendé l’importance du droit de la concurrence par l’édiction d’un arsenal juridique important. Par ailleurs, je souhaite remercier mes partenaires que sont le ministère du Commerce du Cameroun qui est un grand partenaire mais aussi l’Université de Paris 1, Panthéon Sorbonne, les entreprises à l’instar de Guinness, les Brasseries du Cameroun, la Bristish Américan Tobaco, mais aussi, le Barreau du Cameroun ou encore la maison d’hôtes La Villa des Fées, ainsi que la revue Concurrences qui va nous accorder un espace pour parler du droit de la concurrence au Cameroun. Pour finir, remercions encore le GICAM pour le cadre qu’il nous a gracieusement offert.

Propos recueillis par  Willy Zogo   

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